LES DISCOURS DE LA NORME ET DE LA TRANSGRESSION. ÉTUDE DE CAS EN SOCIÉTÉ IVOIRIENNE

241

Fondamentalement, deux régimes se partagent les motifs sociaux et symboliques de la norme et de la transgression : ce sont le droit et la morale. Le droit bénéficie d’une caution positive dans son application en raison des bornes qu’il impose pour marquer une différenciation nette entre le faisable et l’interdit. L’exercice du droit a permis l’évolution de l’humanité en marquant une distinction claire entre la raison et l’instinct à partir d’un certain nombre d’interdits. Jean Marc Tonizzo (2011) écrit à cet effet : « s’être imposé ce système d’interdits, nous a permis de dépasser le côté systématique de ce comportement instinctif. (…) notre réservoir législatif est impressionnant. Il est capable de dissuader bien des passages à l’acte. »

Quant à la morale, elle fixe la ligne rouge du Rubicon à ne pas franchir au regard d’une conscience collective et individuelle. Sa transgression appelle un regard inquisiteur, doublé de son vocabulaire de la condamnation et de la dégradation. On dit alors que la transgression de la morale est « toujours négation d’une forme d’interdiction » tant qu’elle entraine une sorte de dévergondage qui inquiète la société.

Cependant, cette perception de la transgression sous un angle entièrement négatif ne fait pas l’unanimité. Des écrivains comme Yvon Pesquieux (2010) voient en ce mot une caractéristique purement positive et source « d’innovation et de progrès et non de recul. » De même, pour Thomas Seguin (2012), il sera indispensable d’orienter « la transgression vers sa positivité, c’est-à- dire une contribution à une forme de progrès culturel, à la cohésion sociale. A l’opposé donc de la norme caractérisée par l’interdiction, c’est-à-dire appréhendée sous l’aspect de la « finitude », la transgression positive transcende ainsi les tabous, franchit les limites séculaires pour justifier « la possibilité de vivre illimitée ».

C’est cette posture qui milite en faveur de ce projet. Il s’agit de problématiser une société ivoirienne au prise avec la question de la norme et de la transgression. Que ce soit au niveau des écrivains, de certains locuteurs en situation de communication, des élèves et étudiants, de la famille, etc. il est évident que la Côte d’Ivoire affronte au quotidien l’envers du respect de la norme. S’agit-il ici d’un indice symptomatique du présupposé de la « crise de la société ivoirienne » que n’arrêtent pas de scander des lecteurs du corpus ivoirien ? Ou alors, avons-nous affaire, au contraire, à un signal d’une société dynamique par ses discours (représentations, langue, imaginaire, culture et traditions, règles institutionnelles, etc.), et dont on peut présumer qu’il informe sur les mouvements de l’histoire de notre société ?

L’objectif de cette journée d’étude sera justement de poser le postulat d’une société ivoirienne normée ou transgressive. Sont ainsi invités, suivant un point de vue pluridisciplinaire, les

1

spécialistes des sciences du langage et de la grammaire, de la littérature, du droit, de la philosophie, de l’ensemble des sciences sociales (sociologie, psychologie, anthropologie, etc.), à réfléchir aux axes suivants :

Axe 1 : Discours, langue et syntaxe

Il s’agira d’analyser, dans les productions écrites ou parlers des élèves et étudiants, les types de discours transgressifs, les structures phrastiques en marge de la norme grammaticale, les créations langagières, etc.

Axe 2 : Norme : droit, éthique et morale

Il s’agira de jeter un regard sur « l’interaction » entre enseignants et enseignés à l’intérieur de l’institution

Axe 3 : Institutions : Ecole, famille et politique

Il s’agira d’examiner la synergie entre les trois entités que constituent l’école ivoirienne, la politique de l’école et les familles des enseignés.

Axe 4 : Imaginaire : Littérature, représentations et arts de la scène

Il s’agira d’envisager les causes et les stigmates de la transgression sur la société et l’école ivoirienne.

N.B. : ces axes ne sont pas exhaustifs. Calendrier et modalités de participation

  • 09 septembre 2021 : Diffusion de l’argumentaire
  • 15 octobre 2021 : Délai de réception des projets de communication : Les contributions à envoyer à adouamed@yahoo.fr devront comprendre :
  • –  Titre de la communication
  • –  Nom(s) et prénom(s) de l’auteur(e) ou des auteurs (res)
  • –  Statut universitaire
  • –  Adresse(s) électronique(s)
  • –  Institution(s) de rattachement
  • –  Axe de communication
  • –  Résumé de 200 mots maximum suivi de 5 mots clés et d’une brève bibliographie, en français, (TNR, police 12)
  • 29 octobre 2021 : Réponses aux contributeurs
  • Frais de participation (n’incluent pas les frais de publication) :
  • –  15 000 frs CFA pour les chercheurs
  • –  10 000 frs CFA pour les doctorants Coordonnateurs du projet : Dr (M-C) Séraphin Konan KOUAKOU (UFH-B, Abidjan) Dr Amadou Ouattara ADOU (UFH-B, Abidjan)
    Comité scientifique

2

Pr ABOA Abia Laurent (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Pr BOHUI Djédjé Hilaire (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Dr BOSSON Epse DJEREDOU Bra (UFH-B, Côte d’Ivoire) Dr COULIBALY Nanourougo (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Dr GNATO Sia Modeste (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Dr KONAN Koffi (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Pr KONANDRI Virginie (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Dr KOUAKOU Konan Seraphin (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Pr KOUAME Abo Justin (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Pr KOUAME Koia Jean Martial (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Pr KRA Kouakou Appoh Enoc (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Pr LEZOU KOFFI Aimée-Danielle (UFH-B, Côte d’Ivoire) Pr MBOW Fallou (UCAD, Sénégal)
Pr N’GORAN David (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Pr N’GUETTIA Martin Kobenan (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Dr SANOGO Amidou (UFH-B, Côte d’Ivoire)
Dr YAO Jean Emmanuel (UFH-B, Côte d’Ivoire)

Références bibliographiques

BARON, Christine, colloque droit, littérature et transgression, 21-03-2011, Presse Universitaire de Rennes, 190p.

DEMART, Sarah : genre et transgression des normes morales et sexuelles dans les Eglises de Réveil à Kinshasa et en diaspora, 783-812p.

DIOUF, Abdoulaye « : « contre la binarité : la pensée du continuum comme forme de transgression dans l’écriture de Marguerite Yourcenar », université du Québec à Montréal p133.

DUPRIEZ, Bernard : les procédés littéraires, Paris, Gradus, 1984
GREVISSE, Maurice : le petit Grevisse, grammaire française, de boeck duculot, Bruxelles, 2009,

383p.

KILOSHO, Kabale Sim : « Pour une pédagogie de l’erreur dans nos Universités », Revues Analyses langues, textes et sociétés n°14, Robert Gautier (dir), Université de Toulouse-le-Mirail- Mars 2011.

3

KOPP, Pierre «la transgression des lois règlementant l’usage de drogues», Analyse des comportements des consommateurs et essai de vérification empirique, Université Panthéon- Sorbonne (Paris1), Mars 2014.

KOUAKOU, Konan Séraphin : Etude des ruptures syntaxiques et transgression de la norme dans l’œuvre d’Ahmadou Kourouma : le cas de Les soleils des indépendances et de Allah n’est pas obligé, Thèse pour le doctorat unique de lettres modernes, option grammaire et linguistique du français, UFR langues littératures et civilisations, département de lettres modernes ; Université de Cocody, Abidjan, 2005-2006, 381p, (sous la direction de ADOPO ASSI François.)

PESQUEUX, Yvon « transgression », Revue HAL.2010. http : // had.archives-ouvertes.fr/had- 00509695. Consulté le 25/04/2020.

SEGUIN, Thomas : « transgression et société », les cahiers psychologie politique (en ligne) N°20, janvier 2012, disponible sur url : http : // lodel.irevues.inist.FR / cahiers psychologie politique / index.php ? id=1985

TONIZZO, Jean Marc « l’humanité évolue vers sa perfection », mécanique universelle, mécanique universelle-net/ mal/ transgresser.Php.Consulté le 25-04-2020.

WEINRICH, Harald : grammaire textuelle du français, Alliance Française Didier/ Hatier, Paris, juin 2013, 671p. (traduit par Gilbert Dalgalian et Daniel Malbert).

Wikipédia, file:///c:/users/Compaq/Downloads/transgrssion, consulté le 11/06/ 2020.